vendredi 6 novembre 2015

Mon sexe, il est comment?

Cette question entêtante et affolée se retrouve de manière fréquente dans les films à caractère pornographique, paraît-il. Elle est aussi quasi quotidienne dans les cabinets des dermatologues. Ceci pour deux raisons: d'abord parce que les dermatologues sont les spécialistes de la peau et de toutes les muqueuses (génitale, anale, buccale...) et aussi parce cette spécialité  a toujours englobé la vénéréologie (anciennement syphilographie) c'est-à-dire les maladies vénériennes (syphilis, blennorragie...) devenues MST puis IST ou infections sexuellement  transmissibles. Ils connaissent donc profondément et dans les moindres recoins l'anatomie intime féminine et masculine, ils sont les mieux placés pour répondre aux inquiétudes des patients et des patientes.
Certains éléments de la vulve, de la verge ou des testicules nous interpellent et s’avèrent être des variations de la normale ou des lésions tout à fait bénignes, parfois elles ont toujours existé.
Elles peuvent être aussi des lésions effectivement infectieuses mais sans aucune gravité et sans caractère sexuellement transmis ou transmissible.
Parce que la zone concernée se trouve être la zone sexuelle, plus que jamais, ces découvertes corporelles font l’objet de mauvaises interprétations nourrissant les craintes conscientes ou non, liées au sexe ou à la pratique sexuelle.
En effet, les « grains de Fordyce », par exemple, sont des toutes petites glandes sébacées que l’on peut retrouver au niveau de la vulve, au niveau du prépuce ou encore du fourreau de la verge. Ces petits granulés jaunâtres superficiels sont fréquents, physiologiques, et ne nécessitent aucun traitement.
Autres éléments constitutionnels et fréquents: les papules perlées du gland appelées « hirsutisme balanique » sont des formations fibromateuses parfois sur plusieurs lignes sur la couronne du gland. Elles auraient un rôle physiologique, offrant plus de sensibilité lors du coït. Ces formations sont souvent confondues avec des « papillomes vénériens » et à ce titre sont vécues avec anxiété et culpabilité car elles posent la question de l’existence d’une infection et surtout d’une I.S.T (infection sexuellement transmissible) avec son cortège d’interrogations.  Premier soupir de soulagement...
Outre ces particularités physiologiques, certaines dermatoses communes, localisées au niveau génital : maladies inflammatoires mais non infectieuses (psoriasis, eczéma, lichen, aphtes…), ou allergies à un médicament, donnent parfois lieu à des examens lourds, culpabilisants, et à des angoisses, à des malaises quant à la fiabilité du ou de la partenaire.
Pour simplifier, ce n'est pas parce que le bout pèle que votre partenaire est infidèle. Deuxième soupir de soulagement...
D'autre part, la survenue de certaines infections, cette fois, comme les mycoses (infections liées à des champignons) n’ont pas lieu d’être systématiquement liées aux rapports sexuels. Elles surviennent souvent après un traitement antibiotique ou après un stress. Elles nécessitent elles aussi un traitement adapté afin que, outre les raisons médicales évidentes, ne se cristallisent sur la zone sexuelle les sensations de douleur qui entraînent la défiance vis-à-vis de la sexualité.
La découverte chez certains hommes, circoncis ou non, de taches pigmentaires brunes, quelquefois très foncées, de teinte inhomogène, irrégulières de taille, sur le pourtour du gland et du sillon balano-préputial, font redouter un mélanome génital (cancer de la peau ou des muqueuses). Il s’agit en fait de « mélanose » (lentiginose) du pénis. 
A l’inquiétude première de la mort liée à tout cancer, se surajoute la peur de se faire retirer un morceau de son anatomie et non des moindres. Parce que la zone concernée est la zone sexuelle la frayeur vire parfois à l’angoisse inconsciente de castration. Freud encore et toujours t'habite... 
Les « angiomes », des petits éléments violacés, parfois très foncés, imitant des lésions pigmentaires, peuvent apparaître sur la vulve (surtout lors ou après une grossesse), sur la verge ou les testicules. Ils sont définitifs mais n’ont en revanche aucune conséquence sur la santé. Troisième soupir de soulagement...
Il en est de même pour les kystes sébacés des testicules (boules blanchâtres ou jaunâtres de sébum entourées d’une coque), qui sont des lésions tout à fait bénignes. Elles peuvent être enlevées en cas de gêne et ne génèrent aucune cicatrice.
Il n'y a donc pas de quoi paniquer, si vous vous interrogez, consultez pour vous rassurer.


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