mardi 21 avril 2015

Le premier Amour (ne) dure (pas) toujours

Cette journaliste pétillante s’approchait de la cinquantaine mais elle ne changeait pas, son sourire et son humour éclatant illuminaient toujours ma journée. Son mari lui aussi était journaliste, ils avaient, je crois, 3 enfants.
Elle venait de contracter une infection sexuellement transmissible à trichomonas vaginalis après un rapport non protégé, avec son Amant, son Premier Amour récemment retrouvé sur un réseau social.
Elle avait à l’époque vécu une rupture douloureuse. Il était allé étudier au Canada sans jamais se retourner. Elle avait recouru à une interruption de sa grossesse toute débutante dans le plus grand secret, sans même l’en informer.
Il s’était marié dès son arrivée avec un mannequin canadien, pour laquelle il eut selon ses propres termes, un coup de foudre.
Ils ne s’étaient jamais revus depuis son départ à l’étranger, 25 ans auparavant, jusqu’à quelques semaines avant cette consultation…
Depuis l’avènement des réseaux sociaux, privés ou professionnels, nous sommes nombreux à rechercher, à contacter des anciens collègues, des amis perdus de vus, des anciennes conquêtes .On peut  découvrir en un clic leurs visages actuels,  et se dire à quel point on est resté magnifique et eux pas. On y suit  leurs carrières, leurs voyages, la composition de leur famille...
Il est alors facile de décider, à tort ou à raison, que le passé n’appartient plus au passé. Renouer avec le passé par angoisse de la mort, pour étaler sa réussite,  pour…
Elle avait l’eau à la bouche de cette connexion dès le premier mot échangé.
Qu’est-ce qui a pu pousser cette femme si solide, si heureuse en ménage, vers cet Amant ? Le changement, l’attrait de l’inconnu (enfin plutôt l’ivresse des retrouvailles dans le cas présent) ? Non, juste le Premier Amour. Un élément immuable de nos vies, comme nos enfants. Celui qui après (parfois longtemps après) la dissipation du bruit des assiettes cassées ou des disputes, laisse un souvenir délicieux et sucré. Celui qui vous a vraiment appris ce qu’est le désir, plus qu’une sensation, un sentiment si envahissant, si profond qu’il traverse parfois les décennies.
Elle était rongée par le remord, il semblait plus confiant, plus détaché (peut-être était- il plus habitué à cette situation…)
Qui pourrait résister au plaisir de regoûter une vieille soupe, et de voir si réchauffée elle est encore meilleure ?

F

mercredi 15 avril 2015

Chacune cherche sa chatte...

Une jeune patiente de 28 ans souhaitait me montrer des lésions génitales. Elle semblait situer le clitoris à la place de la fourchette périnéale, zone la plus postérieure de la vulve (proche de l’anus). Et là, écoutant ma bienveillance médicale et par solidarité envers une semblable, je me suis dit qu’il me fallait TOUT lui expliquer et lui éviter ainsi de n’avoir aucun orgasme les 40 années à venir. Il n’y a pas que le sexe dans la vie… Mais il y a aussi le sexe dans la vie.
En effet, contrairement aux Hommes dont le matériel sexuel est externe, évident, immédiatement accessible et visible, plus simple (à l’instar de leur esprit ?), l’anatomie intime des Femmes est souvent mal connue, plus enfouie, plus secrète, plus mystérieuse… J’entrepris quelques explications sur la localisation très antérieure (si, si) du clitoris, de sa nature. Il s’agit également d’un organe érectile , petit certes mais efficace malgré tout. On le dénomme fréquemment mini-pénis sur les bancs de la Faculté de Médecine (enfin en plus vulgaire …)
Elle était gênée au début de son ignorance, puis elle avait l’air satisfaite de TOUT savoir enfin sur la composition de sa vulve. Cette ignorance, probablement liée à la complexité et au côté tabou de l’intimité féminine est très fréquente, empêchant quelquefois de profiter de certains moments de manière optimale…Cela explique sans doute que les jeunes filles de 20 ans font l’amour avec des futurs mécaniciens ou des futurs ingénieurs, et que lorsqu’elles en ont 25, elles préfèrent les étudiants ou les internes en médecine, pour leur parfaite connaissance et maîtrise de l’anatomie féminine…

mardi 14 avril 2015

Préambule aux billets d'humeur du dr

Ma vie de médecin libéral et hospitalier avec sa multitude de rencontres formidablement humaines, ne manque pas de faire écho à ma vie personnelle passée et présente.
Les discussions avec mes patients sont à l'origine de mes interrogations, de mes doutes, quant aux enjeux de notre époque pour les hommes et les femmes que nous sommes.
Les gens que je côtoie, sous couvert de symptômes qui sollicitent l'attention et la technicité du médecin et de la confiance qui se noue alors, me confient leurs histoires. Elles sont la base de réflexions et d'introspections, mais elles ne font qu'inspirer très librement ces billets d'humeur que je vous propose et les récits sur lesquels ils reposent.
Les secrets médicaux ou non y seront toujours préservés.
Je suis très reconnaissante à mes patients d'être à la source de cette inspiration, me permettant d'oser cheminer toujours un peu plus au fond de moi-même et bousculer des pensées que je voulais indéboulonnables. 
Quant à vous chers lecteurs, je vous invite à cette aventure, sur ce blog d'un genre différent à partir du 15 avril 2015 ... un peu de recul vis-à-vis de nos certitudes!
F